Space Invader ǀ © Thérèse Hilbold

Une balade dans Paris, capitale du Street Art

Publié le 17/10/2012 par theresehilbold

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Humour et Provoc

La poésie, l’humour et/ou la provocation sont généralement au rendez-vous. Ainsi, sur la plaque émaillée de la Rue Charlot, on peut voir un sticker insolent de Netty qui prend pour cible l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, doté d’improbables lunettes de soleil en miroir.

Né de la contestation de Mai 68, le Street Art se veut en effet subversif, sauvage, insoumis, libre et rebelle dans ses thèmes mais aussi dans sa manière de s’approprier l’espace urbain. L’artiste s’empare de force de l’espace public et y imprime sa trace sans demander d’autorisation, – au risque d’être poursuivi devant la justice par les propriétaires pour dégradations d’immeubles ou de mobilier urbain. En cas de flagrant délit, les amendes coûtent cher à Paris. C’est pourquoi les artistes privilégient la clandestinité, le travail de nuit, l’anonymat ou les pseudos.

Mais paradoxalement les artistes les plus connus – rançon de la gloire – ont pignon sur rue, exposent dans des galeries, acceptent des commandes artistiques rétribuées et s’engagent même dans le « Street marketing » en fabriquant par exemple des « produits dérivés » ou des pochettes de disque.

Sur les sites internet et dans les revues d’art, le débat est vif entre les puristes – qui refusent tout compromis avec le monde du commerce et de la politique – et ceux qui justifient la rétribution de leur activité artistique, en considérant que le Street Art est une branche authentique de l’art contemporain.

Ainsi, l’un des plus célèbres artistes de Street Art , l’Américain Shepard Fairey, alias Obey, dont on peut admirer une gigantesque fresque sur un immeuble de la rue Jeanne d’Arc (Paris 13e) peinte récemment, assume tout à fait tranquillement d’être à la fois un artiste, un homme engagé dans la politique (soutien d’Obama) et un homme d’affaires.

Mais, contre-exemple, peu après l’inauguration du pochoir géant de Jef Aérosol près de l’église Saint-Merri, des mains anonymes ont repeint l’oeuvre en rose, un geste apparemment contestaire. Le portrait géant, qui épouse magnifiquement la ligne du toit dans sa structures, a depuis été restauré, mais des traces du rose de la contestation sont encore visibles aujourd’hui!

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