PILHAN : Portraits imaginaires en duo

Publié le 28/05/2014 par theresehilbold

Du 5 juin au 19 juillet, Michèle Pilhan dévoile une nouvelle série de portraits-duo, un art piégeux et ambigu dans lequel elle excelle, à la galerie 5 Contemporary, dans le Marais.

« Je n’ai aucune mémoire visuelle », confie-t-elle dans un entretien vidéo accordé à la galerie, qui sera diffusé à l’occasion de l’exposition. « Je ne fais que peindre des gens que j’imagine ».

Ses portraits ne représentent donc… personne d’identifiable : ils ne font « que raconter des histoires », dit-elle, mais ces histoires sont étranges, troubles, susceptibles d’être interprétées de mille manières différentes, selon celui qui l’observe.

Les personnages représentés, des hommes, des femmes, le plus souvent en couple dans cette nouvelle exposition, ont un visage lisse, mais leurs regards perçants, leurs expressions angoissées, parfois leur rictus sont inoubliables. Des yeux immenses, inquiets, brûlants, cernés de sombre, accusateurs ; des lèvres pulpeuses, dédaigneuses, dégoûtées, lasses ; des couples dissemblables : un gros et un maigre, un vieux et une jeune, deux jeunes beautés exténuées, fanées… ; des crânes stylisés, dépourvus de cheveux.

Ces couples, qui se détachent sur un fond noir, violent, ont tous un air de ressemblance, ils se rejoignent dans le dégoût de vivre, ils paraissent enfermés dans leur solitude, incapables d’échanger, de se parler.

L’artiste revendique la création – à la manière d’un « romancier » -, des personnages qu’elle peint et des histoires qu’ils racontent, mais elle tient aussi à ce qu’ils prennent leur envol dans l’imaginaire des spectateurs, qu’ils coupent le cordon ombilical pour vivre leur propre vie, en quelque sorte.

 Et que semblent-ils dire ? Surtout qu’ils souffrent, malgré les sourires affichés. Attention, dit Michèle Pilhan, « Méfions-nous des sourires » qui disent ici toute autre chose que le contentement et la satisfaction. « Ce qui est intéressant, c’est de montrer les côtés un peu faux, un peu forcés des gens », dit encore l’artiste. La peinture n’est pas du tout une pratique futile ni joyeuse : c’est véritablement un exercice « douloureux » auquel elle doit s’astreindre, affirme-t-elle.

5 Contemporary, nouveau nom depuis décembre de la galerie Vera Amsellem, expose pour la seconde fois cette artiste originale qui a commencé à peindre en autodidacte à l’âge de 14 ans, « par nécessité », et qui a trouvé un style personnel, proche de l’expressionnisme allemand, sans jamais fréquenter les Beaux-Arts ni d’écoles spécifiques.

En 1997, l’artiste signe sa première exposition de son nom de jeune fille, Michèle Berteau, car elle veut éviter que la critique ne soit influencée par l’ombre de son célèbre époux, Jacques Pilhan, « le sorcier de l’Elysée », qui a officié comme conseiller en communication de deux présidents, François Mitterrand et Jacques Chirac.

En 2007, après le décès de Jacques Pilhan, elle s’autorise à signer de son nom.

Ses portraits ont aussi été exposés à la galerie Marcel Bernheim (Paris, 1998), au Centre Culturel de Biarritz (2003) et à la galerie Adler (Paris, 2007 puis 2009).

A Biarritz, il s’agissait d’une exposition collective sur le thème de la fête en compagnie de Brassaï, Dali, Dubuffet, Léger, Masson, Miro, Picabia,Valdes…

En juillet 2013, Vera Amsellem a organisé une exposition conjointe avec le Palais de Séoul, au cœur de la mégalopole branchée d’Asie.

 

PRATIQUE

Exposition PILHAN
du 5 juin au 19 juillet 2014
Une quinzaine de portraits de format 60x80 cm

Galerie 5 Contemporary
48 rue du Roi de Sicile, 75004 Paris,
tel +33 (0)1 40 29 47 34
www.galerieveraamsellem.com

Horaires :
DU LUNDI AU SAMEDI DE 11H À 19H. Fermé mercredi et dimanche.

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