Party "Girls I adore" von BlackÖzlem März 2012 im Zorba (Foto: Tania Skakun)

Le Zorba, Belleville

Publié le 12/02/2013 par Paris Kontrast

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Que les adeptes de sirtaki et les fans d’Anthony Quinn se méfient : le Zorba de Belleville n’est pas le lieu le plus approprié pour siroter de l’ouzo en rêvant de paysages rocailleux et de soleil de Méditerranée. Dans sa version bellevilloise, au 137 de la rue du Faubourg du Temple, dans le 10ème arrondissement de Paris, le Zorba est plutôt l’antre de la nuit urbaine, une grotte moite où le soleil ne pénètre jamais : à peine s’aventure-t-il parfois aux abords de l’étroite terrasse qui mange le trottoir de l’une des rues les plus cosmopolites de Paris. Bien loin des criques dela Crête.

Ancien café des sports où Chinois, Maghrébins, prolétaires parisiens venaient parier sur les courses de chevaux, le Zorba est devenu ces dernières années le repère d’une jeunesse underground assoiffée de vie, de bière, et de fête. Dans la salle principale ou en sous-sol, le bar se transforme chaque nuit – ou presque – en dancefloor, où groupes de rock, de hip-hop, DJ’s crachent de manière plus ou moins improvisée leurs décibels à la face de noctambules déchainés.

Vapeurs d’alcool et transes musicales aidant, il n’est pas rare, certains week-ends – lors des soirées du collectif BlackÖzlem notamment – de se croire revenu aux grandes heures alternatives du Berlin seventies, de s’imaginer plongé dans le Londres new wave et le Paris punk des années 1980. Dans la fièvre new yorkaise aussi, comme ce soir où surgit dans le bar le double fantomatique de Basquiat.

Rien d’étonnant donc à ce que le Zorba brouille les repères, biaise les perspectives, dévoilant un Paris désorienté mais terriblement vivant, où se mêlent jeunes punks, ravers, musiciens, étudiants désargentés et alcooliques du quartier. On ne sait jamais très bien l’heure qu’il est quand on y entre ; on sait encore moins l’heure qu’il est quand on en sort. 2H du matin, heure officielle de fermeture ? 5H du matin, heure officielle de réouverture, pour les after ? Qu’importe : on danse de nouveau, on s’enivre de nouveau.

Coincé entre des boutiques bons marchés et des restaurants chinois, côtoyant vendeurs à la sauvette et prostituées asiatiques, le Zorba n’a au fond rien perdu de ses racines et de sa vitalité populaires. Sous la houlette de Sergio et de Simon, les deux jeunes serveurs qui n’hésitent pas à délaisser quelques minutes leurs obligations marchandes pour se livrer, micro à la main, à des démonstrations live de human beatbox, le Zorba transpire la fureur de vivre. Et c’est ce qui en fait un des lieux les plus libres et les plus précieux de la capitale.

Le Zorba Belleville
137 Rue Fbg du Temple 

75010 Paris

Par Florent Papin

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