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Le Mur des Fermiers généraux

Publié le 12/02/2013 par Paris Kontrast

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Le Mur des Fermiers généraux a été construit entre 1784 (cinq ans avant la Révolution) et 1790. Mais alors qu’auparavant, à Paris, les murs d’enceinte (par exemple les murs construits au Moyen-Age sous Philippe-Auguste ou Charles V) et plus tard le Mur de Thiers (1841) servaient à la défense de la ville, le Mur des Fermiers généraux avait un objectif fiscal. Les Fermiers généraux avaient conseillé au roi Louis XVI de construire un nouveau mur d’enceinte afin de pouvoir prélever des impôts sur les marchandises qui entraient dans la capitale.Le projet fut accepté par le souverain. Claude-Nicolas Ledoux, peut-être le plus grand architecte français du 18e siècle, également philosophe d’art et utopiste, a été choisi pour réaliser le projet. Mais la charge des travaux, jugés trop onéreux, lui a été retirée avant qu’il ait pu les mener à bien.

L’enceinte de 24 kilomètres de long entourait la ville de Paris dans sa superficie de l’époque en y intégrant quelques villages proches, le tout couvrant les onze premiers arrondissement de la capitale d’aujourd’hui. Il y avait 55 « Barrières d’octroi » (ouvertures de passages dans le mur), dont 43 dotés d’un monument. Ledoux avait baptisé ces monuments Propylées, en référence à l’architecture grecque antique (Les Propylées, par exemple les Propylées de l’Acropole d’Athènes, étaient des vestibules monumentaux marquant l’entrée d’une ville sacrée). Et de fait, Ledoux s’est inspiré de l’architecture de l’Antiquité tout en modifiant ses règles. L’influence du Palladio (classicisme) et du Piranèse (liberté créative) est sensible chez lui.

Mais en raison de sa destination, le Mur était très impopulaire et fut, pour cette raison, en partie détruit pendant la révolution. En témoigne cet alexandrin anonyme: « Le mur murant Paris, rend Paris murmurant ».

Quand les limites de la capitale furent agrandies en 1860 pour prendre leur tracé d’aujourd’hui, le Mur a été détruit. Il ne reste aujourd’hui que quatre Propylées:

  • la Rotonde de Monceau (Métro Monceau), qui par la suite, malheureusement, a été restaurée sans tenir compte des plans originaux

  • la Rotonde de La Villette ou « Barrière Saint-Martin » (Métro Stalingrad), qui depuis peu abrite un restaurant et des salles à louer

  • la «Barrière du Trône » (Métro Nation)

  • la « Barrière d’Enfer (Métro Denfert-Rochereau), qui se trouve tout près de l’entrée des Catacombes

Par Paul Hayat.

Traduit de l’allemand au français par Thérèse Hilbold, journaliste.

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