Bal masqué des pensionnaires de l'hôpital psychiatrique de Picauville (Manche), à l'occasion de la fête de Jeanne d'Arc.

La Maison Rouge, une fondation dédiée à l’art contemporain

Publié le 13/03/2014 par theresehilbold

 Ces mois-ci, plus que jamais, la Maison Rouge vaut une visite approfondie. Cette fondation dédiée à l’art contemporain présente jusqu’au 11 mai 2014 deux belles expositions : « L’asile des photographes », cosigné par le photographe Mathieu Pernot et l’historien Philippe Artières, et « Il me faut tout oublier » des artistes belges Berlinde de Bruyckere et Philippe Vandenberg.



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Après ces deux événements s’ouvrira en juin une exposition exceptionnelle de la collection Antoine de Galbert, amateur d’art contemporain et fondateur de cette Maison Rouge, qui célèbre ses 10 ans d’existence. L’exposition, intitulée Le Mur, exposera 1.200 oeuvres de cette collection accrochées de manière aléatoire.

Pour « L’asile des photographes », Mathieu Pernot et Philippe Artières ont mené à bien un projet passionnant : sauver de l’oubli, avant démolition, les bâtiments historiques d’un hôpital psychiatrique fondé en 1836 à Picauville près de Cherbourg. Le photographe et l’historien ont travaillé sur les murs, les espaces et le mobilier de l’institution (les lits de contention pour les malades agités, le petit mobilier), mais aussi sur les milliers de documents, fiches médicales, photos et films trouvés dans les archives. On y voit une communauté entière de bonnes sœurs posant avec rigidité, mais aussi de très curieux portraits individuels de religieuses dans des attitudes édifiantes, des soeurs exerçant leurs fonctions de soignantes et d’autres qui s’amusent visiblement avec les patients. On y voit aussi des portraits d’hommes et de femmes dans leur misère physique, d’autres absorbés dans les jeux, les fêtes.

Pièce de théâtre donnée par les pensionnaires et les religieuses à l'occasion du centenaire de la Fondation du Bon-Sauveur, en 1937.

Le texte n’est pas ni un commentaire ni un discours scientifique. Il laisse place à l’imaginaire pour comprendre ce qu’on voit sur l’image. Cette combinaison allusive du texte et de l’image permet de retracer une foule d’histoires : celle de cet asile, de la congrégation de religieuses dévouées aux soins des fous, celle de la folie, de l’enfermement, de la psychiatrie…

A signaler le très beau livre-catalogue sur « L’asile des photographes » cosigné par Mathieu Pernot et Philippe Artières. Ne pas manquer non plus la puissante exposition intitulée « La Traversée » de Mathieu Pernot qui se tient simultanément au Jeu de Paume et qui met en scène principalement des gitans, des Roms, des migrants. Les deux expositions, celle de la Maison Rouge et celle du jeu de Paume, se font écho, notamment par leur travail sur l’enfermement et la marginalité.

Lits de patients.

La seconde exposition de la Maison Rouge réunit les corps torturés et sanglants, sculptés en résine et en cire par Berlinde de Bruyckere et les peintures et dessins de Philippe Vandenberg, un artiste hanté par la cruauté, la violence et la mort. « Aimer, c’est flageller – flageller c’est aimer – aimer c’est l’enfer », s’intitule l’une des peintures de Vandenberg. Pour réaliser cette exposition, la sculpteure s’est rendue pendant un an dans l’atelier du peintre décédé en 2009 et y a sélectionné des œuvres en forte résonance avec son propre travail.

Sculptures de Berlinde de Bruyckere.

Le Cofficient de Poisson, sculpture de Florian Pugnaire et David Raffini.

Une fondation créée par un amateur d’art passionné

La Maison Rouge est située près du canal Saint-Martin, non loin de la Bastille et de la Gare de Lyon. Elle possède un vaste espace d’exposition, une librairie spécialisée en art contemporain, Bookstorming, et un restaurant sympa au décor qui change avec les saisons, Rose Bakery culture.

Créée par Antoine de Galbert, un amateur d’art passionné, cette fondation est devenue en une décennie un lieu incontournable de la création à Paris et un rendez-vous obligé des artistes et amateurs d’art, grâce à l’engagement de son fondateur.

Né en 1955, Antoine de Galbert est tombé dans la marmite de l’art contemporain après avoir d’abord travaillé dans la gestion d’entreprises. Il ouvre ensuite une galerie d’art contemporain à Grenoble pendant une dizaine d’années, tout en démarrant sa collection personnelle, qui prend de plus en plus d’importance.

L'entrée de la Maison Rouge, sur le Boulevard de Bastille.

En 2000, il opte pour la création d’une fondation privée, qui sera reconnue d’utilité publique trois ans plus tard, en 2003. De par ses statuts, la nouvelle fondation possède un patrimoine dont elle est irrévocablement propriétaire et son activité sert un objectif d’intérêt général, à but non lucratif.

Elle peut aussi recevoir des dons dans le cadre du mécénat d’entreprise, qui ouvre droit à des réductions d’impôts. Une nouvelle législation, adoptée il y a une dizaine d’années en France, favorise l’émergence de ces fondations dont les statuts sont à comparer avec les fondations d’art à l’américaine. Mais l’échelle est différente : 150.000 fondations aux Etats-Unis, moins de 5.000  France…

Un lieu d’exposition dans un ancien site industriel

La Maison Rouge tient son nom d’une petite maison d’habitation autour de laquelle ont été organisées quatre salles d’exposition, installées dans les locaux d’une ancienne usine. Le site a plus de 2.000 m2. Les salles d’exposition (1.300 m2) ont conservé, après rénovation, leur caractère industriel, avec murs blanchis, des verrières et des poutrelles en métal. Un patio, d’autres petites salles au sous-sol, une salle de conférence et le restaurant au milieu complètent le site.

La vocation de la Maison Rouge est de « promouvoir les différentes formes de la création actuelle au travers de la présentation d’expositions temporaires », au rythme d’environ trois ou six par an. Ces expositions sont soit thématiques, soit consacrées à un seul grand artiste. Pour chaque cycle d’exposition, la Maison Rouge organise des conférences, colloques, rencontres avec les artistes et les commissaires, concerts et projections.

En plus, un mercredi par mois, les enfants de 4 à 11 ans sont conviés dans l’univers des contes, avec un goûter.

INFORMATIONS PRATIQUES

La Maison Rouge
Fondation Antoine de Galbert
10, Boulevard de la Bastille
75012 PARIS
TEL : 01 40 01 08 81

Programme et dates de toutes les activités sur le site www.lamaisonrouge.org

Horaires : ouvert du mercredi au dimanche, de 11 à 19h00

Nocturne le jeudi jusqu'à 21h00

Accès : métro Quai de la Rapée (ligne 5) ou Bastille (lignes 1, 5, 8)

RER : Gare de Lyon

Bus : lignes 20, 29, 91

Visites commentées pour les individuels (samedi et dimanche 16h00) et les groupes (sur demande)

Les contes du mercredi : un mercredi par mois, un « conte-goûter » pour les enfants de 4 à 11 ans

(durée 1H30, tarif 9 euros pour les enfants et les accompagnateurs)

Rose Bakery culture : du mercredi au dimanche, de 11h00 à 19h00, de bons petits plats revigorants dans un décor qui change trois fois par an, avec les saisons. Les visiteurs peuvent même acheter des éléments du décor en fin de saison, mobilier ou accessoires...

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