Casimir et Caroline, Festival d'Automne © Vincent Pontet

« Casimir et Caroline », une ballade triste à la Fête de la bière  

Publié le 07/11/2013 par theresehilbold

« Je vais leur enseigner à être contre. A être méchants. Ou à être en colère. S’ils ne sont pas en colère, ce n’est pas la peine de faire ce métier ! »… dit l’acteur-metteur en scène André Wilms à propos des dix jeunes comédiens qu’il dirige dans « Casimir et Caroline », une pièce emblématique d’Ödön von Horvart créée à Paris pour le Festival d’automne 2013.

Car « l’Art, c’est inadmissible. L’Art, c’est ce que l’on n’aime pas. Ce sont des choses méchantes ! », affirme l’acteur fétiche d’Aki Kaurismaki, dont le palmarès en théâtre, cinéma, opéras, en tant que metteur en scène ou interprète, est impressionnant.

Le pari est tenu par la plupart des jeunes acteurs de l’Adami, cette structure qui soutient la création et le spectacle vivant et qui coproduit la pièce avec le Festival.

Surtout pour Vincent Heneine, une sombre brute qui tabasse sa petite copine pour un oui ou pour un non, et pour Yann Sorton, qui joue un vieux salopard de PDG qui se paye du bon temps avec des jeunesses. Mentions spéciales pour la remarquable Natalie Beder, une Caroline toute en finesse et en contradictions, qui nous fait craquer mais qui ne manque pas de cruauté. Et pour David Houri, qui interprète le malheureux Casimir, maladroit, paumé, dépassé dans ces temps de crise.

Les deux amoureux se cherchent, se rejettent et finissent par se perdre, empêtrés dans un perpétuel malentendu, tout au long de cette pièce du grand écrivain hongrois de langue allemande.

Les événements sont situés dans les années 30 – la pièce date de 1932 -, mais la jeunesse paumée qui évolue sur scène fait souvent écho à celle d’aujourd’hui, – avec son espoir de vivre des choses extraordinaires, de sortir de la mouise, qui se heurte à la réalité pourrie, au chômage.

Clin d’oeil d’André Wilms au début de  la pièce : le défilé des acteurs qui déclinent leur nom, leurs compétences et même leur numéro matricule à Pôle Emploi. Le chômage et la précarité, ils connaissent !

Donc, « Casimir et Caroline », c’est aussi une leçon de théâtre. Avec de jeunes acteurs qui ont presque l’âge de leur rôle. Et qui apprennent à jouer la subversion, la déception, la désillusion, le désespoir, « mais avec humour », selon André Wilms. Tout ça sur le fond glauque d’une Fête de la bière qui pourrait se passer à Munich.

Seul regret : on aimerait que les acteurs chantent leurs «  schlagers » (les tubes de musique populaire allemande) avec un peu plus de conviction. Les « schlagers » tombent à pic, mais c’est visiblement dur  de chanter a capella en langue allemande…

INFORMATIONS

Représentations jusqu’au 8 novembre 2013

« CASIMIR ET CAROLINE » et autres textes d’Ödön von Horvarth

Mise en scène d’André Wilms

Avec Margot Bancilhon, Natalie Beder, Sigrid Bouaziz, Pierre Cachia, Esteban, Vincent Heneine, David Houri, Julia Piaton, Yann Sorton et Sarah Stern


Y ALLER

Atelier de Paris-Carolyn Carlson

Cartoucherie de Vincennes

Route du Champ de Manœuvre, 75012 Paris

Métro : Château de Vincennes puis navette gratuite les soirs de représentation

Réservations : par téléphone au 01 41 74 17 10

Ou par email relationspubliques@atelierdeparis.org

Prix des places : 10 et 14 euros

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