Une rose de Bagatelle dans tout son éclat © Thérèse Hilbold

Bagatelle, un paradis pour les amoureux des roses

Publié le 24/07/2014 par theresehilbold

Lilas, iris, dahlias, magnolias, pivoines, nymphéas, hortensias, clématites… Le parc de Bagatelle mérite visite en toutes saisons, même en hiver. Mais il ne faut surtout pas rater le printemps ni l’été : c’est l’époque où les roseraies sont à leur apogée.

Plus de 10.000 rosiers, de 1.200 variétés, sont réunis dans ce parc exceptionnel qui fait partie du Jardin botanique de Paris et qui est répertorié sous le nom de « collection nationale de roses modernes ».

Bagatelle est un parc vraiment charmant, avec une vingtaines d’arbres remarquables et un petit château-pavillon, une « folie » édifiée en 64 jours par le beau-frère de Marie-Antoinette, sur un pari fou. Tout y est conçu pour les plaisirs, la légèreté, l’insouciance et les divertissements.

Mais c’est aussi le lieu où se déroule chaque année le très officiel Concours international des roses nouvelles, ouvert à tout créateur amateur ou professionnel de roses. Grâce à ce concours, créé en 1907, Bagatelle s’est taillé une renommée mondiale.

Tous les ans, une centaine de nouvelles roses – de création récente et n’ayant encore jamais été commercialisées – sont en compétition. Les membres de la commission technique viennent noter les rosiers à cinq reprises pendant le mois de juin, au cours de deux cycles de culture : couleur, parfum, vigueur, résistance aux maladies, floraison….

L'orangerie, un pavillon construit au 19e siècle par son riche propriétaire, Lord Seymour, et l'un des nombreux paons du parc © Thérèse Hilbold

Et de juin à septembre, les visiteurs sont invités eux aussi à arpenter les 43 plate-bandes engazonnées de la roseraie et à participer au concours des roses nouvelles : ils doivent départager les trois plus belles roses et la rose la plus parfumée, en remplissant un bulletin spécial.

Toutes les plus belles variétés de rosiers se retrouvent là : les roses buissonnantes, arbustives, sarmenteuses, sur treille, sur pylône… Elles sont réparties sur deux sites : la roseraie de paysage et la roseraie classique.

A la mi-juin est organisée la Fête de la Rose. Des jardiniers et des spécialistes se mettent à la disposition du public pour partir à la découverte des roses « Marilyn Monroe », « Jean Cocteau », « Maria Callas » ou « Pierre de Ronsard ».

Ils vous confieront les secrets pour faire prospérer les rosiers sans produits phytosanitaires, comment les tailler, les soigner, les reproduire. Mais on n’en saura pas davantage sur l’origine des parfums merveilleux exhalés par telle ou telle rose: « On sait faire beaucoup de choses pour créer de nouvelles couleurs ou de nouvelles formes de rosiers, mais personne n’a encore trouvé le moyen de doter les roses d’un parfum, à volonté », explique un jardinier. Et c’est réconfortant d’apprendre ainsi que la technologie n’est pas encore venue à bout de tous les mystères de la création…

Outre les deux roseraies, le parc, situé en plein Bois de Boulogne, héberge un petit château de style néo-palladien (Parva sed apta, « petit mais commode », proclame la devise gravée sur le fronton), un Trianon, un obélisque, des tombeaux, plusieurs pièces d’eau, grottes et cascades, une pagode, une orangerie, un belvédère… Il fait bon se promener dans cet espace vert de 25 hectares pour y découvrir, au détour d’une allée, des paons dans toute leur splendeur, ou des petits jardins à thèmes : jardin des plantes vivaces, potager, jardin méditerranéen, plantes à bulbes, fougeraie, collection de clématites…

Bagatelle, une histoire pittoresque

L’origine de ce parc repose sur un pari frivole du comte d’Artois, frère de Louis XVI et futur roi de France, Charles X, avec sa belle-soeur Marie-Antoinette.

En 1775, le comte d’Artois rachète ce petit domaine pour y emmener ses conquêtes, mais la propriété est en si mauvais état que la jeune reine Marie-Antoinette le met au défi de le restaurer pour qu’elle puisse y séjourner deux mois plus tard, à son retour d’un voyage.

Kiosque de l'Impératrice, d'où Eugénie, l'épouse de Napoléon III, surveillait les leçons d'équitation données à son jeune fils © Thérèse Hilbold

Le comte relève le défi. Il parie même 100.000 livres que le château et le parc seront prêts dans les temps. Il engage un architecte, François-Alexandre Bélanger, et les plans sont dessinés en deux jours. Près d’un millier d’ouvriers travaillent nuit et jour sur le chantier, et le comte va dépenser plus d’un million de livres pour cette « folie ».

L’architecte Bélanger lui dessine aussi les plans d’un jardin de style anglo-chinois, très à la mode à cette époque. Le paysagiste écossais Thomas Blaikie y fait construires des petites « fabriques » : kiosques, hermitage, grottes, cascades, pagodes, ponts… – dont la plupart ont disparu aujourd’hui.

A la Révolution, le jardin est vendu à un restaurateur qui y organise des fêtes champêtres.

Napoléon 1er le réquisitionne en 1806 et en fait un domaine de chasse. A la Restauration, le comte d’Artois, devenu le roi Charles X, en reprend possession et l’offre à son fils.

La propriété est ensuite vendue à un aristocrate anglais, Lord Seymour, marquis d’Herford, qui y fait d’importants travaux d’agrandissement et d’embellissement. Il construit notamment l’Orangerie, le pavillon des gardiens et la maison du chef jardinier. Quand il meurt en 1870, le parc revient à son héritier, Sir Richard Wallace, l’inventeur et le dessinateur des fontaines Wallace. C’est Sir Richard Wallace qui fait construire le Trianon, à la place d’anciens bâtiments, pour en faire une demeure destinée à son fils.

Après sa mort en 1890, sa veuve lègue Bagatelle à leur secrétaire, mais celui-ci n’a pas les moyens de l’entretenir.

Le domaine, et son parc en mauvais état, sont alors rachetés en 1905 par la ville de Paris.

Bagatelle sauvé par la ville de Paris

Au début du 20e siècle, le paysagiste Jean-Claude-Nicolas Forestier, conservateur des Parcs et Jardins de la ville de Paris, restaure le parc de Bagatelle, en fait un jardin romantique, et crée la très belle roseraie ainsi que le jardin des présentateurs.

Un autre roi du parc qui fait admirer sa roue © Thérèse Hilbold

En outre, il est à l’initiative de la création du Concours international des roses nouvelles, dont la première édition a lieu en 1907. Bagatelle devient alors l’un des quatre sites du Jardin botanique de Paris avec le Parc floral, dans le Bois de Vincennes (12e arrondissement), le Jardin des Serres d’Auteuil (16e) et l’Arboretum de Paris (12e).

Les missions du Jardin botanique sont de conserver les espèces menacées, étudier la diversité du monde végétal, échanger avec les milieux scientifiques et valoriser les collections auprès du public.

A Bagatelle, une dizaine de collections de plantes de climat tempéré – soit 2.800 taxons – sont représentées : roses nouvelles, plantes à bulbes, méditerranéennes, aquatiques, clématites, pivoines, pélargoniums, asters…

Mais ce parc merveilleux se prête également à toutes sortes de spectacles et concerts : en juin juillet, le festival Chopin, fin août-début septembre le festival Les solistes…

PRATIQUE

Parc de Bagatelles
Route de Sèvres à Neuilly – Bois de Boulogne, Paris 16e

Horaires : de 9h30 à 18h30
sauf en hiver, jusqu'à fin février : fermeture à 17h
en été, jusqu'au 30 septembre : fermeture à 20h

Entrée libre du 3 novembre au 6 juin
Entrée payante du 6 juin au 2 novembre : plein tarif 5,50 euros
Visite guidée : plein tarif 8 euros
(tarifs réduits, Pass événement, tarifs spéciaux pour les manifestations culturelles et pendant les périodes d'exposition)

Accès : bus 43 (station Bagatelle), 241, 244
métro Pont de Neuilly + bus 43
métro Porte Maillot + bus 43, 244
métro Porte d'Auteuil + bus 43, 241

Toutes les informations sur les programmes, activités et visites sont sur le site: http://equipement.paris.fr/parc-de-bagatelle-1808

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