Marie-Odile Petit et sa fille à l'accueil de la pâtisserie  © Thérèse Hilbold

« Aurore et Capucine », une pâtisserie au charme fou dans le 9e arrondissement

Publié le 10/01/2015 par theresehilbold

Voici une pâtisserie qui gagne à être connue : ici, vous ne trouverez pas de banals mille-feuilles, ni aucune viennoiserie, mais des dizaines de gâteaux, tartes, entremets et confiseries tous plus originaux et délicieux les uns que les autres. Chez « Aurore et Capucine », les parfums, saveurs et créations varient selon les saisons, selon la maturité des fruits ou des fleurs, mais aussi selon l’inspiration des voyages.

La devanture de la boutique, sur la rue de Rochechouart, est d’un bleu vif qui attire le regard. Jetez un coup d’oeil à travers la vitrine, et vous serez à coup sûr troublé par des objets aux formes exotiques et aux couleurs étranges : s’agit-il d’un magasin de bibelots ? Ces cônes verts, oranges ou rouges sont-ils vraiment comestibles ?

Entrez donc et laissez vous séduire par le charme de l’endroit. La clochette de la porte, les présentoirs à l’ancienne, les étagères en bois décoré qui abritent des boîtes du meilleur thé, les bocaux pleins de guimauve ou de chocolats… Et surtout, dans les vitrines, des gâteaux vraiment extraordinaires, décorés de fruits et de fleurs, comme on n’en n’a jamais vu ailleurs et dont les noms invitent à rêver.

La patronne, Marie-Odile Petit, et son mari Jean-François, pâtissier, se sont installés il y a un quart de siècle dans cette boutique dont ils ont conservé et restauré le mobilier datant du 19e siècle. C’était une ancienne cave à vins et une épicerie fine, dans un quartier très bourgeois, fréquenté à l’époque par de nombreux artistes, des peintres, des comédiens, des musiciens, raconte-t-elle.

« A nos débuts, les artistes peintres défilaient ici avec leurs toiles, avant d’aller les déposer dans les galeries », explique-t-elle. Dans les années 1990, cette clientèle est partie, elle a été remplacée par des gens du cinéma, – notamment Bertrand Blier -, des grands couturiers, des danseurs…

« Nous avons vécu ici tant de belles histoires !», soupire Marie-Odile. C’est ainsi que la pâtisserie fêtait chaque nouvelle création de Pina Bausch au Théâtre de la Ville en créant pour la célèbre danseuse un gâteau sur le thème de son ballet : un gâteau avec des chaises cassées pour « Café Müller », un autre avec des oeillets pour « Nelken » » (Les oeillets), un hippopotame sur un lac en pâte d’amande pour « Vollmond » (Pleine lune, où l’on voyait une femme éprise d’un hippopotame)…

Christian Lacroix fréquentait aussi la pâtisserie. Il possédait autrefois un atelier près des Folies Bergères, à deux pas de la pâtisserie, où quinze « petites mains » cousaient les costumes de théâtre qu’il avait créés. Et puis il y avait cette ancienne couturière d’Yves Saint-Laurent qui, chaque année, commandait à la boutique un kilo de chocolats pour son patron, à Noël…

Cette époque est révolue, le quartier a bien changé en quelques années, reconnaît Marie-Odile. Maintenant la clientèle vient de tous les quartiers de Paris, mais aussi de l’étranger : la boutique est référencée sur des sites anglais, italiens, australiens…

Jean-François Petit a été formé chez de grands chefs, notamment Peltier, l’un des pâtissiers parmi les plus réputés de la place parisienne, et Fauchon durant la période artisanale de cette entreprise, « quand le laboratoire se trouvait encore au sous-sol du magasin près de la Madeleine », précise l ’épouse du pâtissier.

Aujourd’hui, dans son laboratoire de la rue de Rochechouart, le pâtissier n’a rien perdu de son inventivité. Et Marie-Odile ainsi que leur blonde fille assurent la promotion de ses créations dans la boutique familiale.

Alors, comment résister au gâteau « Capucine » au chocolat, – un souvenir de Fauchon – , ou encore à « Solstice d’hiver », un biscuit au velouté de cassis et fruits de la passion ? Citons encore « Purple », un gâteau au chocolat avec velouté de violette, et n’oublions surtout pas « Péché d’hiver » (noix et oranges), ni le fameux soufflé aux groseilles, ni les sublimes sablés, sucrés ou salés…

Quant à moi, j’ai un faible tout particulier pour la tartelette aux citrons vert et jaune, surmonté d’un soufflé à la rose, léger, léger…

PRATIQUE

Pâtisserie "Aurore et Capucine »

3 rue de Rochechouart

75009 PARIS

tel. 01 48 78 16 20

Métro Cadet

Fermé le dimanche et le lundi

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